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Ingénieurs et consultants en ESN (SSII) : Pouvez-vous refuser une mission et sous quelles conditions ?

  • jeblirim
  • 1 juin
  • 2 min de lecture

En principe, un salarié ne peut refuser d’exécuter une mission confiée par son employeur.


Un refus peut être qualifié d’insubordination et exposer à des sanctions disciplinaires pouvant aller jusqu’au licenciement.


Toutefois, ce principe connaît plusieurs exceptions puisque dans certaines situations, le refus d’une mission peut se révéler légitime. Tel est le cas lorsque :


  • La mission proposée ne correspond pas à vos fonctions ;


Dans une telle hypothèse, vous pouvez être fondé à refuser une mission dès lors qu’elle ne relève pas de vos fonctions.


Attention toutefois : l'article 8 de la Convention collective Syntec permet à l'employeur de confier temporairement au salarié des fonctions inférieures à celles qu'il occupe habituellement lorsque des circonstances particulières résultant de la situation de travail le justifient.

Cette affectation doit être prévue par écrit, pour une durée déterminée n'excédant pas six mois, sans incidence sur la classification du salarié ni sur sa rémunération.


En d’autres termes, le simple fait que la mission soit d’un niveau inférieur ne suffit pas nécessairement à justifier d’un refus.


  • La mission proposée est éloignée. Ce point est à nuancer suivant l’insertion ou pas d’une clause de mobilité dans le contrat de travail.


En l’absence de clause de mobilité :

Vous pouvez refuser une mission si celle-ci implique une affectation située dans un secteur géographique différent de celui dans lequel vous travailliez auparavant.

 

Pour apprécier la notion de secteur géographique, la jurisprudence tient compte des critères suivants : la distance géographique (entre le précédent lieu d’affectation et celui proposée), le temps de trajet ou encore l’existence de moyens de transport en commun.


En présence d’une clause de mobilité :


La situation est quelque peu différente lorsque votre contrat contient une clause de mobilité valable.


Là encore, attention, votre refus ne sera pas légitime si la mission proposée est située au sein du périmètre géographique clairement défini par cette clause. (Cass. soc.24 janv. 2008, n° 06-45.088)


Pour autant, la présence d’une clause de mobilité ne donne pas un pouvoir illimité à l’employeur.


Vous pouvez contester sa mission lorsque celle-ci n’est pas exécutée bonne foi. Tel est le cas lorsque :


  • La mobilité n’est pas justifiée par l’intérêt de l’entreprise et utilisée à des fins étrangères ; (Exemple : motivée par des raisons économiques, disciplinaires) (CA Aix-en-provence, Chambre 4-7, 16 janv. 2026, RG nº 22/14835)



Ce qu’il faut retenir :


Refuser une mission n’est pas un acte anodin. Selon les circonstances, ce refus peut être légitime ou, au contraire, constituer une faute disciplinaire.


Avant de prendre position, il est donc essentiel d’analyser votre contrat de travail, d’appréhender l’étendue de vos fonctions, d’interroger votre employeur sur la mission proposée et, au besoin, de justifier des éventuelles contraintes justifiant votre refus.

 

 
 
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